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Interview de Jean-Marc Lobry, le 5 avril 2024

Dernière mise à jour : 2 mai



Brigitte PASQUELIN,

Docteure en sciences économiques,

Directrice – ACTES.


C’est quoi ACTES ?

-> Partenariat d’acteurs économiques et institutionnels

ACTES, c’est l’histoire d’une rencontre entre des dirigeants ayant décidé d’engager leur entreprise dans une trajectoire vers un nouveau modèle de développement, et des personnes très engagées au sein de l’ ADEME BFC, de la Région et de l’Agence Économique Régionale (les personnes sur le plateau), une ergonome et une économiste.

En travaillant ensemble, nous avons acquis la conviction que c’est en changeant nos pratiques professionnelles que nous pouvons atteindre un nouveau mode de développement de sobriété, respectueux du vivant… et cette perspective nécessite de coopérer.


-> Fondatrice d’un nouveau modèle de développement sur la Région

La valeur ajoutée de ACTES est d’accompagner les acteurs du territoire dans la mise en œuvre d’un nouveau modèle de travail et d’organisation en s’appuyant sur des processus d’apprentissage collectif construits dans l’action, soutenus par une pratique de la réflexivité. Les spécialistes parlent d’une fonction de tercéisation..


On parle d’un nouveau modèle de développement, la coopération, c’est une innovation ?

La coopération est ni une innovation, ni une finalité. C’est une manière de travailler qui ouvre la voie à un changement de modèle, et potentiellement la voie à des innovations : sociales, et institutionnelles, ...


Coopérer n’est pas naturel …, donc pas facile. On ne peut pas s’y prendre avec légèreté, ni décréter la coopération. Il faut travailler avec méthodologie, rigueur. Coopérer, c’est travailler ensemble (ce n’est pas collaborer = participer à une œuvre commune) ; on a besoin de s’appuyer sur l’expérience de « cliniciens du travail » qui ont accumulé une expérience et constitué un socle disciplinaire (dont la psychodynamique du travail) que ACTES a traduit en une méthodologie qui repose sur 5 points-clés :

 

Quelles sont ces 5 clés ?

1.   A comme Accorder les parties sur une intention ; ce point n’est pas acquis une bonne fois pour toute ; on a besoin d’y revenir sans cesse car ça évolue, progresse, se transforme au cours de la coopération.


2.   C comme Connaitre et Comprendre ce qui se passe dans le travail des uns et des autres : leurs enjeux, leurs contraintes, leur subjectivité. C’est un processus singulier (un peu technique) qui consiste à révéler, mettre en visibilité le travail des uns et des autres. Hors « la connaissance sur soi (sur ses pratiques) n’est pas possible sans le détour par l’Autre » (Pierre Calame).

à des espaces dédiés, un processus d’apprentissage (collectif) sur le temps long de façon périodique, régulière.

C comme CONFIANCE car ce processus contribue à sceller la confiance entre les personnes.


3.   T comme Traduire ce qui se passe en règle de travail créant un nouveau système d’actions. Quand on coopère, on est amené à sortir du cadre, à faire des pas-de-côté, à produire des ajustements - les contraintes des uns et des autres chahutent la prescription des uns et des autres ; et à définir des nouvelles règles ensemble.


4.   E comme Évaluer : ça crée quoi comme valeur pour les uns et les autres ?


5.   R comme répartir la valeur créée car chacun doit s’y retrouver

Ces deux dernières clés mobilisent les sciences économiques.


Pour s’en rappeler, un acronyme mnémotechnique : A.C.T.E.R,

 

En conclusion :

1)- Coopérer demande à sortir de la culture du résultat à tout prix pour, avant toute chose, se mettre au travail sur le COMMENT on s’y prend. Changer ses pratiques professionnelles, ses réflexes de travail, demande du temps long. Il faut s’y mettre maintenant et avec force.


2)- Coopérer ouvre potentiellement la voie à l’innovation et çà se joue dans le T.

Les nouvelles règles de travail qui ressortent de la coopération doivent sortir de l’ombre, être analysées collectivement et « instituées » au sein de chaque organisation afin de nourrir la prescription. Il est nécessaire que le management y prenne part.


Par ce moyen, l’organisation capitalise, grandit, gagne en efficience, et solidifie sa relation aux autres.    

Introduire de nouvelles règles qui enrichissent, font évoluer la prescription, c’est innover.

Il est important que les institutions innovent, évoluent car les acteurs du territoire ne peuvent pas porter seuls, la Transition. Ça ne marche que si on le fait tous ensemble ; c’est un « engrenage » entre les institutions, les structures-relais, les acteurs bénéficiaires (entreprises, associations, collectivités).


3)- Coopérer demande à réaliser des investissements

L’organisation doit se donner les moyens de capitaliser, aussi pour que la coopération ne repose pas seulement sur les individus ; car si une des personnes quitte son poste, la coopération tombe.

S’il s’agit d’être plus efficace, d’avoir une action plus qualitative, autrement dit de gagner en « productivité », il faut considérer d’y mettre des investissements. Ces investissements, dits immatériels consistent en des dispositifs de professionnalisation, des espaces (temps) pour soutenir l’apprentissage collectif, le travail réflexif, etc.

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